L’autoconsommation collective est en train de révolutionner notre rapport à l’énergie. Elle permet à plusieurs consommateurs (souvent voisins) de partager l’électricité produite localement, généralement par des installations photovoltaïques. Ce modèle collaboratif gagne en popularité dans les quartiers, copropriétés ou villages désireux de produire et consommer une énergie plus verte, locale… et économique.
Ce type de projet permet non seulement de réduire les factures, mais aussi de renforcer la résilience énergétique d’un périmètre défini, qu’il s’agisse d’un quartier, d’un immeuble ou même d’une commune entière. Dans ce guide, My Electricity vous explique le fonctionnement de l’autoconsommation partagée.
Une dynamique en forte croissance
Selon Enedis, la France comptait 1 111 opérations d’ACC actives en juin 2025, pour une puissance installée cumulée de 161 MW. Ce chiffre a augmenté de plus de 144% en un an, puisqu’on recensait 454 opérations en juin 2024. Ces projets impliquent 12 338 participants, avec 1 694 producteurs et 10 644 consommateurs.

Qu’est-ce que l’autoconsommation collective ?
L’autoconsommation collective (ACC), aussi appelée autoconsommation partagée, consiste à consommer localement de l’électricité produite par une ou plusieurs installations, par un groupe d’au moins deux participants. Contrairement à l’autoconsommation individuelle (où un foyer consomme sa propre production solaire), ici, la production est répartie entre plusieurs utilisateurs via un système de répartition validé par Enedis.
La majorité des projets actuels reposent sur l’autoconsommation collective photovoltaïque, à base de panneaux solaires installés sur les toits d’immeubles, hangars agricoles ou bâtiments publics, ainsi que des ombrières de parking.
Les avantages de l’autoconsommation collective
L’autoconsommation collective offre des bénéfices économiques, écologiques et sociaux :
- Réduction des factures grâce à une énergie locale moins coûteuse, souvent issue de sources renouvelables.
- Mutualisation des coûts (panneaux, onduleurs, gestion) entre participants, rendant le projet plus accessible.
- Production décentralisée et bas carbone, limitant les pertes liées au transport longue distance.
- Dynamique locale et solidaire : elle renforce les liens sociaux et l’engagement territorial.
- Cadre réglementaire favorable, avec des incitations et un tarif d’accès au réseau (TURPE) réduit.
Autoconsommation individuelle vs collective : les différences clés
| Critère | Autoconsommation individuelle | Autoconsommation collective |
|---|---|---|
| Nombre de participants | 1 seul consommateur (foyer ou entreprise) | Plusieurs consommateurs (voisins, bâtiments, usagers dans un périmètre donné) |
| Type de production | Généralement photovoltaïque | Principalement photovoltaïque, parfois couplé à d’autres énergies renouvelables |
| Partage de l’énergie | Non, la production est utilisée par un seul point de livraison | Oui, l’énergie est répartie entre plusieurs points via une clé de répartition |
| Structure juridique | Aucune nécessaire | Création d’une PMO (Personne Morale Organisatrice) obligatoire |
| Accès au réseau public (Enedis) | Standard | Convention spécifique avec Enedis et suivi technique du gestionnaire |
| Coût d’investissement | À la charge d’un seul acteur | Mutualisé entre les participants |
| Vente du surplus | Possible via contrat d’obligation d’achat | Également possible, au nom de la PMO |
| Avantages économiques | Économies individuelles sur la facture | Réduction collective des coûts, modèle solidaire |
| Soutien local et social | Limité | Fort potentiel de cohésion sociale et d’engagement territorial (commune) |
| TURPE applicable | TURPE standard pour l’autoconsommation | TURPE autoconsommation collective réduit |
| Complexité administrative | Faible | Moyenne à élevée (contrats, gestion de la PMO, suivi de répartition) |
| Évolutivité | Limitée au site du consommateur | Possibilité d’extension à d’autres points, participants ou bâtiments |
Profils de producteurs et consommateurs

Profil des producteurs
| Profil | Description | Avantages | Contraintes |
|---|---|---|---|
| 🏠 Copropriétés | Toitures partagées (immeubles collectifs), souvent en ville | Bonne surface disponible, mutualisation facile | Besoin d’accord collectif, gestion de la répartition |
| 🏢 Bâtiments publics | Écoles, mairies, gymnases, médiathèques, etc. | Toitures vastes, consommation souvent en journée (alignée avec production) | Gestion publique plus longue, décisions politiques |
| 🚜 Exploitations agricoles | Granges, hangars, serres agricoles en zone rurale | Grandes surfaces, ensoleillement souvent favorable | Production souvent supérieure aux besoins locaux (risque de surplus) |
| 🏭 Entreprises / PME | Usines, ateliers, bureaux, entrepôts | Consommation en journée, fiscalité favorable pour amortir les investissements | Complexité administrative et raccordement selon activité |
| 👥 Coopératives citoyennes | Projets portés par des habitants ou citoyens (ex. Enercitif) | Appropriation locale, financement participatif, gouvernance ouverte | Nécessite une forte implication collective, lourdeur de gestion initiale |
Profil des consommateurs
| Profil | Description | Avantages | Contraintes |
|---|---|---|---|
| 👪 Foyers résidentiels | Maisons, appartements, locataires ou propriétaires | Stables, consommation étalée sur la journée, faciles à sensibiliser | Pic de consommation souvent le soir (≠ production solaire) |
| 🏫 Écoles / crèches | Consommation principalement en journée | Alignement parfait avec la production PV, consommation prévisible | Arrêts pendant les vacances scolaires |
| 🏛️ Mairies / bâtiments publics | Consommation continue, souvent équipée pour autoconsommation collective | Pilotage politique du projet, image exemplaire | Contraintes administratives et délais |
| 💼 Entreprises / TPE | Bureaux, commerces de proximité, artisans | Activité en journée, souvent continue | Baisse d’activité le week-end, besoin de stabilité économique |
| 🏡 Logements sociaux (HLM) | Copropriétés ou bâtiments gérés par bailleurs sociaux | Projets à fort impact social, souvent soutenus par les communes | Nécessite un travail de coordination avec les gestionnaires immobiliers |
Quelle réglementation encadre l’autoconsommation collective ?
L’autoconsommation collective est encadrée par l’article L315-2 du Code de l’énergie. Chaque projet doit conclure une convention d’opération avec Enedis, définissant le périmètre géographique, le rôle de la PMO, et les modalités techniques.
- Périmètre géographique
Les producteurs et consommateurs doivent être situés à proximité. La production d’une installation d’énergie solaire entre plusieurs points de consommation, appelés points de livraison (PDL), doit être située dans un rayon de 2 km autour de l’installation (voire 20 km en zone rurale sur dérogation), formant un périmètre d’opération validé par Enedis, le gestionnaire du réseau public de distribution. Cela permet de limiter les pertes sur le réseau et de respecter la réglementation.
- Nombre de participants
Plusieurs points de livraison (PDL) doivent être impliqués (minimum 2 consommateurs). Un projet peut regrouper des particuliers, des entreprises, des collectivités, etc.
- Puissance installée
La puissance cumulée des installations de production ne doit pas dépasser 5 MW. Ce seuil permet de garantir un fonctionnement efficace et compatible avec le réseau public de distribution.
- Cadre juridique et organisationnel
Pour encadrer le projet, il est obligatoire de créer une Personne Morale Organisatrice (PMO), qui peut prendre la forme d’une association, d’une coopérative, d’un syndic de copropriété ou encore d’une collectivité territoriale. Cette entité est chargée de signer les conventions avec Enedis et les participants, et de gérer la gouvernance du projet.
- Raccordement au réseau
Une convention spécifique doit être établie avec Enedis pour organiser le raccordement de l’installation et la gestion de l’énergie produite. Le projet doit respecter les règles techniques en vigueur ainsi que le tarif d’accès au réseau TURPE spécifique à l’autoconsommation collective.
- Modalités de répartition de l’énergie
La répartition de l’énergie produite entre les membres doit être enregistrée auprès d’Enedis, qui joue un rôle central dans la gestion technique et administrative du projet. Le courant est réparti en fonction d’une clé de répartition décidée par les participants et enregistrée auprès d’Enedis. Cette clé peut prendre en compte la puissance installée, la consommation moyenne, ou d’autres critères fixés collectivement.
- TURPE autoconsommation collective
Le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE) s’applique à chaque participant pour rémunérer l’usage du réseau. Toutefois, ce tarif est réduit dans le cadre de l’autoconsommation collective, afin d’encourager les projets locaux et les circuits courts d’énergie.
Comment créer une PMO d’autoconsommation collective ?
Pour piloter le projet, une PMO (Personne Morale Organisatrice) doit être créée. Cela peut être une association, une coopérative, une entreprise ou une collectivité territoriale. Son rôle est de :
- Mettre en relation producteurs et consommateurs,
- Gérer la répartition des flux d’énergie,
- Signer les conventions avec Enedis,
- Organiser la facturation et la gouvernance du projet.
Étapes pour créer une PMO :
- Définir les participants volontaires (propriétaires, locataires…) et le périmètre du projet,
- Identifier le site de production et la puissance nécessaire,
- Monter un dossier technique (incluant un schéma électrique des panneaux solaires en autoconsommation),
- Créer une structure juridique dédiée (PMO),
- Signer la convention avec Enedis.
- Lancer un appel à participation si besoin (notamment pour des projets citoyens ou communaux).
Facturation et vente d’électricité entre voisins
La vente d’électricité entre membres d’un projet d’autoconsommation collective n’est pas une vente au sens classique, car il s’agit d’un partage d’énergie dans le cadre d’une opération enregistrée. Cependant, une compensation financière peut être prévue pour refléter la répartition de l’énergie produite.
La facturation est organisée par la PMO ou par un opérateur tiers spécialisé. Chaque participant paie :
- Une part de l’électricité produite localement,
- Un complément (éventuel) d’électricité du réseau,
- Le TURPE associé.
Des plateformes numériques avec service numérique de facturation automatisée existent pour simplifier la gestion des flux et permettre une transparence totale entre voisins.
Exemples d’autoconsommation collective photovoltaïque en France
Enercitif
En 2016, des habitants de Paris créent une association citoyenne qui donne naissance en 2018 à Enercitif, la première coopérative parisienne d’énergies renouvelables (sous forme de SAS à gouvernance coopérative). Grâce au soutien de la Ville de Paris, une première grappe de 15 centrales photovoltaïques est installée entre 2020 et 2022 sur les toits d’écoles, de logements sociaux et de bâtiments publics. L’un des exemples : un immeuble HLM dans lequel les habitants partagent l’électricité solaire produite localement via une installation de 34 kWc (96 panneaux solaires). Mise en service en 2022, la production est suivie et rendue publique sur le site web d’Enercitif, aux côtés des autres projets citoyens développés. (source : https://enercitif.org/)

Commune de Geispolsheim (67)
Depuis le 1er février 2025, la commune de Geispolsheim est passée à l’autoconsommation collective. L’électricité produite par les panneaux photovoltaïques installés sur les toits de bâtiments publics (dont le nouveau périscolaire du Geispolsheim village, rue Tomi-Ungerer) est désormais partagée entre plusieurs sites communaux proches. Le surplus d’énergie est redistribué localement, permettant à la commune de réduire ses dépenses énergétiques tout en agissant concrètement pour l’environnement grâce à une production renouvelable et locale. Ce projet illustre une démarche efficace de mutualisation de l’énergie à l’échelle d’une collectivité. (source : DNA et Google Maps)

Ces exemples d’autoconsommation collective illustrent la diversité des projets possibles : urbains, ruraux, sociaux, citoyens…
Tableau récapitulatif des types de projets d’autoconsommation collective
| Type de projet | Description | Puissance installée | Nombre de participants | Organisation | Particularités |
|---|---|---|---|---|---|
| Copropriété urbaine | Immeuble résidentiel avec 30 logements. Installation solaire sur toiture. Projet porté par les copropriétaires. | 36 kWc | 24 foyers | PMO sous forme d’association de copropriétaires | Répartition selon la consommation moyenne. Surplus revendu via contrat OA. |
| Projet rural agricole | Petit hameau dans regroupant 5 maisons et une exploitation agricole. Partage de la production entre voisins. | 18 kWc | 6 points de livraison | PMO portée par une SCIC (coopérative citoyenne) | Appel à financement participatif local. Batteries prévues pour stockage du surplus. |
| Projet communal | Toiture solaire installée sur une école, une mairie et une salle polyvalente dans une commune. Énergie partagée entre bâtiments publics. | 50 kWc | 3 bâtiments publics | PMO portée par la mairie | Subvention régionale. Valorisation pédagogique pour les élèves. |
Rachat de l’électricité non consommée : est-ce possible ?
Oui. En cas de surplus de production non consommé collectivement, il est possible de revendre l’excédent via un contrat de rachat de l’électricité (obligation d’achat ou contrat de gré à gré). Cela permet d’optimiser la rentabilité du projet tout en soutenant le réseau.
Quel est le futur de l’autoconsommation partagée en France ?
La tendance est claire : l’autoconsommation collective va continuer à se développer, soutenue par des évolutions réglementaires favorables, des incitations locales, et une baisse continue des coûts du solaire :
- De plus en plus de communes lancent des projets pilotes,
- Le gouvernement prévoit d’alléger encore la réglementation,
- Les services et outils numériques se développent pour faciliter les opérations et la transparence,
- Les citoyens sont de plus en plus engagés pour consommer une énergie renouvelable, locale et partagée.
Le futur de l’autoconsommation collective en France pourrait inclure :
- Des projets à l’échelle de quartiers entiers,
- L’intégration de batteries collectives,
- Une meilleure flexibilité via des smart grids.
Conclusion
L’autoconsommation électrique partagée incarne une nouvelle manière de produire, de consommer et de coopérer. Que vous soyez particulier, bailleur social, collectivité ou entreprise, ce modèle représente une opportunité de gagner en autonomie énergétique tout en favorisant les circuits courts.
My Electricity : un acteur local engagé pour le solaire dans le Grand Est
Basée dans le Grand Est, My Electricity accompagne les particuliers, collectivités et entreprises dans leur transition énergétique grâce à des solutions solaires clés en main. Spécialiste de l’installation photovoltaïque et de l’autoconsommation, l’entreprise propose une approche sur mesure, de l’étude de faisabilité à la mise en service, en passant par la gestion administrative. Engagée pour une énergie locale, durable et rentable, My Electricity s’inscrit comme un partenaire de proximité pour les projets solaires dans les communes, les quartiers et les milieux ruraux du Grand Est.



